société civile sprl

A R C H I T E C T E S

126 MAISON M.R.

Objet 

Lieu 

Maitrise d'Ouvrage

Stade d'avancement

 

Surface

Photographies

Prix

Transformation d'une habitation unifamiliale

4000 Liège (Belgique) 

Privée

Commande : Aout 2015 / Livraison : Aout 2016

Intervention sur annexe existante : 30m²

Alain Janssens // www.doublepage.be

Lauréat : Grand Prix d'Architecture de Wallonie 2017 // Catégorie 1 : Habitat individuel

Mention : Prix de l'architecture et de l'Urbanisme de Liège // Catégorie projet privé résidentiel

Description du projet 

Cette maison liégeoise typique du XIXe siècle n’était plus adaptée au mode de vie actuel de ses occupants (famille avec deux enfants) : une annexe abritant de petites pièces (WC, cuisine, buanderie), séparée des pièces de vie du bâtiment principal, en déficit de lumière naturelle. La transformation a été opérée dans l’enveloppe du bâtiment, prenant corps sur les marques de l’existant et jouant sur ses limites physiques, avec une intervention structurelle radicale pour lier les pièces et vider les volumes. Au rez-de-chaussée, le nouvel espace propose une pièce d’un seul tenant, proposant des séquences sur plus de 18 mètres (cuisine / salon / salle de jeux) et de larges ouvertures sur la cour et le jardin. Un projet mené avec économie de moyens, mais attention pour les finitions (châssis bois, bardage en laiton, jardinières intégrées).

Contexte.

Construite en 1892 et agrandie en 1948 (annexe), la maison s’inscrit dans le parcellaire fortement urbanisé du quartier de Fragnée (XIXe siècle), à 400 m de la gare des Guillemins et en bordure de l’un des principaux axes de bus du Sud de Liège.  Elle présente une façade à rue orientée au Nord-Est et une cour-jardin (70 m²) au Sud-Ouest, dans un petit intérieur d’ilot arboré. Acquise en 2009 pour un couple avec jeunes enfants, bien que dégradée (châssis, chaudière, électricité, sanitaires vétustes), la maison présentait l’avantage d’être resté unifamiliale et d’être immédiatement habitable : elle n’avait pas été divisée en plusieurs logements comme ses voisines, à l’exception du 2e étage pré-aménagé en deux chambres d’étudiants. En 2010, les propriétaires ont mené une première phase de travaux, ciblant le placement d’une chaudière gaz haut-rendement, suivi du réaménagement complet du 2e étage afin de viabiliser la location (en collaboration avec l’architecte Audrey Denoël), suivi en 2013 par l’isolation de la toiture principale et le placement de panneaux photovoltaïques.

Objet de la demande.

En 2015, face au manque de confort thermique (châssis simples vitrages) et aux nuisances sonores (façade à rue), les propriétaires se sont adressés aux architectes pour le remplacement des châssis, mais exprimaient plus largement le souhait de réunir à la fois la cuisine (annexe) et les pièces de vie (bâtiment principal) et gagner en apport de lumière naturelle.

Faisabilité.

Les architectes ont proposé prioritairement de mener une étude de faisabilité détaillée afin de définir précisément la nature des interventions et le cadre budgétaire. Celle-ci a abouti à la formulation de trois scénarios (toutes comprenant également le remplacement et l’isolation de la toiture plate de l’annexe, vétuste) : le premier avec le remplacement des châssis seuls, le second avec la création d’une liaison au rez-de-chaussée entre la cuisine et les pièces de vie, le troisième avec l’ajout d’une pièce. Le scénario intermédiaire a été choisi, et un budget fixé de 100.000 euros TTC (TVA et honoraires compris). Cette étude de faisabilité a constitué la feuille de route de l’ensemble des interventions à venir.

Projet.

Au rez-de-chaussée, la liaison entre l’annexe et le bâtiment principal a été étudiée pour rester dans l’enveloppe du bâtiment existant, sans déborder sur la cour. Les architectes ont proposé, en collaboration avec l’ingénieur en stabilité Tommy Willem, un système de quatre poutres acier reprenant l’ensemble des charges des étages du bâtiment principal et de l’annexe (cf. plan technique). Alors qu’il était divisé en trois petites pièces (cuisine, buanderie, WC), le volume de l’annexe a ainsi pu être entièrement vidé, relié aux pièces du bâtiment principal et ouvert généreusement sur la cour. Un grand châssis d’angle (afzelia) a été posé en applique – dimensionné pour trois ouvertures empruntées selon les saisons (deux portes et un coulissant) et pour générer un niveau d’isolation confortable (isolation des parties pleine sous bardage en laiton, reprise de pont thermique au-dessus des poutres).
 

La nouvelle cuisine a fait l’objet d’un traitement simple et économique : pavés de granito (30 x 30) pour le sol ; panneaux de pin pour le plafond, les murs et le mobilier de cuisine ; stratifié pour le plan de travail et la crédence ; réemploi des anciens radiateurs, caissons de cuisine, évier, lave-vaisselle et frigo. La conception des châssis pour le reste de la maison a fait également l’objet d’une attention particulière. Pour ses qualités de façonnage et son rapport qualité-prix, le bois a été choisi. Pour déterminer la teinte et de manière à mesurer leur vieillissement, les architectes ont emmené les propriétaires visiter la transformation de la maison Confettis à Liège (Atelier d’architecture Georges-Eric Lantair, collaborateur Bertrand Evrats, 2002-2004), un projet combinant châssis en afzelia naturel et en meranti peint : le choix de l’afzelia naturel pour le grand châssis d’angle a été retenu, et le meranti peint en noir pour les autres menuiseries. Cette visite a aussi permis de poser un choix signifiant : à chaque type d’ouverture de châssis correspond un usage, selon la pièce où il est implanté, et leur dessin doit permettre d’être facilement nettoyé. Ainsi le mode basculant a-t-il été proposé pour les chambres arrières (dégageant des vues vers l’îlot arboré), des ouvrants à 180° vers l’extérieur (portes arrières et vers la toiture plate), des oscillants-battants ailleurs et un fixe au rez-chaussée à rue. Certaines fenêtres sont posées à fleur de la façade (créant des alcôves intérieures appropriables sur les appuis de fenêtre) et deux jardinières en acier poudré noir ont été placées en façade avant (percées pour la pose de pots en terre cuites rond). Enfin, en façade, la porte originelle de la maison a été maintenue et repeinte en noir.

Délais.

Les travaux ont été réalisés en trois mois, d’avril à juin 2016, à l’exception de la pose du laiton (châssis d’angle) et des jardinières en façade effectuée en juin 2017.

Publication

"Le jury relève l'originalité de la démarche, qui innove par rapport aux solutions habituellement appliquées à la transformation des annexes en façades arrière. La solution n'a pas été d'ajouter des éléments. Au contraire, elle interroge sur la matérialité : l'angle a été dégagé grâce au remplacement de parties maçonnés par de grandes surfaces vitrées qui font entrer un maximum de lumière et mettent en contact visuel direct l'espace intérieur et l'espace extérieur de la cour-jardin.

 

Malgré l'économie de moyens, la transformations apporte une très grande qualité aux espaces de vie. C'est donc un modèle d'intervention à remarquer pour les volumes tournés vers les cœurs d'îlots en quartier dense, et plus globalement l'habitat familial en ville. "