A R C H I T E C T E S

société civile sprl

XXX MOULIN PAIX-DIEU

Association momentanée : B. EVRATS / A. TENUTA / B. PETERS

 

Restauration, transformation et extension d'un moulin en antenne de maison du tourisme et bureaux des Journées du Patrimoine. 

Abbaye de la Paix Dieu. 1b, rue Paix Dieu - 4540 Amay (Belgique) 

Institut du Patrimoine Wallon

Concours : Novembre 2005 / Réception  : Juin 2013

385 m²

1 450 000 € HTVA

STABILI.D

Ageci group

Alain Janssens // www.doublepage.be

Auteur de Projet

Objet 

Lieu 

Maitrise d'Ouvrage

Statut

 

Surface

Budget

Stabilité  

Techniques spéciales 

Photographie 

Introduction historique


Le moulin a toujours occupé une position stratégique à l’entrée du site de la Paix-Dieu, que ce soit à l’époque
des moniales ou de nos jours. Situé à proximité du porche d’entrée, il ponctue l’accès menant à l’Aile de
l’Abbesse et au Quartier des Hôtes qui abritent aujourd’hui le Centre de perfectionnement des métiers du
Patrimoine. Le bâtiment, caractérisé par un volume sobre, date du XVIIe siècle. Le bâtiment, en moellons de
grès et calcaire, comporte deux niveaux et est divisé par un refend en deux fonctions distinctes : à l’ouest, la
meunerie et, à l’est, le corps du logis. Les deux portes jumelées présentes en façade sud attestent de cette
double fonction au sein du bâtiment.


La vocation « industrielle » de ce bâtiment explique le traitement sommaire des ouvertures. A l’origine, le moulin
n’est éclairé que par de petites baies. L’emplacement de ces fenêtres, variable d’une façade à l’autre, semble
exclusivement conditionné par des impératifs d’ordre fonctionnel. Seule la façade sud a reçu un traitement un
peu plus élaboré.


L’actuelle roue métallique en place sur le pignon ouest date du XIXe siècle.
Le moulin a continué à fonctionner bien après le départ des religieuses en 1797. Il est resté en activité jusqu’au
milieu du vingtième siècle. Après son abandon vers 1950, il s’est progressivement détérioré et se trouvait à l’état
de ruine au début des années 2000.


Projet


La restauration et la réaffectation du moulin de la Paix Dieu s’inscrit dans le projet global de restauration du site
de l’abbaye et de sa reconversion en Centre de Perfectionnement des métiers du patrimoine initié en1997 par
L’Institut du Patrimoine Wallon. En 2005, l’Institut lance un concours pour le projet du moulin.


Le programme consiste en l’aménagement d’un local d’accueil pour la Maison du Tourisme Hesbaye-Meuse au
rez-de-chaussée et, à l’étage, des bureaux dédiés aux agents du Secrétariat des Journées du Patrimoine. Des
espaces pour l’archivage et le stockage de matériel sont également exigés.


La nouvelle affectation du moulin lui confère à nouveau deux fonctions distinctes, une antenne de la Maison du
Tourisme d’Amay et des bureaux, comme c’était le cas auparavant (la meunerie et le corps de logis). Dans la
situation d’origine, bien que des éléments structurels séparaient ces deux fonctions, celles-ci étaient intiment
liées car le meunier devait pouvoir contrôler le mécanisme de chaque endroit.


Cet aspect a été retenu comme un élément générateur du projet. Les deux nouvelles fonctions, bien que
séparées et indépendantes l’une de l’autre, offriront à leurs utilisateurs la perception de la présence de chacune
d’elles au sein du bâtiment. Des cloisons en structure bois et remplissage de verre assurent la séparation
physique et acoustique des deux fonctions tout en les laissant se côtoyer visuellement.


La maison du Tourisme occupe l’ancienne salle du mécanisme au rez-de-chaussée. Le visiteur peut circuler
autour des engrenages et accéder par une échelle de meunier à la première mezzanine (reconstituée) sur
laquelle reposent les meules


Une nouvelle circulation verticale prend place dans le moulin, au droit de l’ancien escalier en bois, dans la partie
« corps de logis ».Elle devient source de lumière dans un bâtiment dont les ouvertures d’origine sont très
étroites. La nouvelle cage d’escalier est conçue telle une « langue » qui s’étire jusqu’en toiture pour y prendre la
lumière et la refléter ensuite jusqu’aux entrailles du moulin.


La fonction de bureaux nécessite cet apport de lumière naturelle important. L’évolution du moulin au fil des
siècles se caractérise notamment par une modification de ses baies en fonction de l’utilisation du bâtiment.
Certaines baies ont ainsi été agrandies pour augmenter l’apport de lumière dans le corps de logis ou pour
permettre le contrôle visuel de la roue depuis l’intérieur, notamment lorsque celle-ci est agrandie au XIXe siècle.


L’enveloppe du moulin doit aujourd’hui s’adapter à la nouvelle fonction qui s’y installe. De nouveaux percements
avec leur vocabulaire propre apparaissent dans le versant Nord de la toiture. Depuis l’intérieur des bureaux, ces
fenêtres participent à une véritable dilatation de l’espace et une projection sur l’environnement très boisé du bief.
La lumière captée au nord est une lumière froide et stable, adaptée pour les espaces de bureaux.


Le nouveau programme nécessite également davantage d’espaces pour l’archivage, le stockage et des locaux
techniques. L'ensemble prend place dans une extension implantée sur les trace d'un ancien appentis qui se
prolonge dans sous le talus. Une nappe végétale recouvre l’ensemble et apparaît comme le prolongement de la
prairie fleurie du talus. Elle répond ainsi au versant Nord de la toiture recouvert d’ardoises.


Le sommet du talus offre un point de vue intéressant sur l’aile de l’Abbesse et l’abbatiale. Un sentier en gravier et
béton, contenu entre des plats métalliques, entaille la pente en zigzag permettant une ascension progressive
vers le belvédère. Ce tracé se perd dans la masse végétale de la prairie et se dévoile davantage à ceux qui
entreprennent l’ascension.


Le projet de restauration visait à rendre au moulin l’intégrité de sa volumétrie, altérée lors de l’effondrement
partiel de la façade sud en 2000. La façade a ainsi été remontée à l’identique sur base du relevé
photogramétrique réalisé avant son écroulement. Les éléments de corniche et d’encadrement de baies en pierre
calcaire de Meuse qui avaient été numérotées et stockées ont pu être replacées à leur position d’origine.


Les planchers, pour la plupart écroulés, ont été reconstruits aux niveaux originels avec une structure métallique.


Le pan-de-bois a été entièrement démonté et remonté en atelier. Certaines pièces ont fait l’objet d’un
remplacement complet ou partiel, de greffons, etc. Le sommier le soutenant a été déchargé de son rôle structurel
afin de palier à l’énorme flèche visible en son centre. Une poutre treillis métallique placée sur la face ouest du
pan-de-bois assure aujourd’hui le rôle de structure maîtresse.


Le marché de travaux pour la restauration et la réaffectation du moulin a été divisé en plusieurs lots coordonnés
par une entreprise générale en charge du lot1 : Gros-oeuvre


Cette procédure visait notamment à favoriser l’accès à ce chantier à des artisans.
Le lot 2 « Charpente » comprenait ainsi les interventions de restauration décrites ci-avant sur les charpentes en
chêne datant du XVIIe.


Le lot 3 : « Couverture », chargé de la réfection de la couverture en ardoises, a également pu faire valoir son
savoir-faire en zinguerie dans la mise en oeuvre des nouvelles fenêtres en versant nord.


Le lot 4 « Menuiserie » comprenait la réalisation des nouvelles menuiseries extérieures en chêne lasuré mais
également la réalisation des cloisons intérieures vitrées et le mobilier.


Le lot 5 enduit à la chaux comprenait la réfection des enduits à la chaux dans la partie corps de logis et le
chaulage des maçonneries en briques et moellons dans la salle du mécanisme.


La réfection des hourdis en torchis du pan-de-bois a fait l’objet d’un stage organisé par le Centre des métiers du
Patrimoine et conduit par Léon Clément.

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